Le blog de Mops

"J'ai un rêve, celui d'un monde où chacun vivrait de sa passion" Mops, fondatrice de Cocotte Power

mardi 3 septembre 2013

UN MERCREDI DE REPOS

Cotcool de Davia, chroniqueuse ludique

 « J’ai regardé le planning vous pouvez prendre vos mercredis. »
  Lorsque mon boss m’annonce la nouvelle, je suis aux anges !

   Je me lève donc tôt : je veux profiter avec mes trois enfants de ce jour de repos et de détente.
Enfin tirés du lit, à peu près lavés et habillés, je leur sers un petit dèj maison avec crêpes industrielles réchauffées au micro ondes, flans gélatineux au caramel E 254, jus nectar multi-vitaminés en brick.
Eh oui, à la maison on ne plaisante pas avec l’équilibre alimentaire ! En route pour la piscine avec mes sandales à talons, ma jupe serrée et les affaires de plongée de ma fille sur le dos, traînant le petit sur ses rollers j’ai l’air d’un baudet chic.
Je profite de cette heure et demie de battement pour filer chez Picrat Surgelés, passer à la teinturerie, téléphoner au bureau ( j’ai promis, juré, craché à mon boss que les clients ne se douteraient pas de mon absence ) et c’est déjà l’heure du cours de guitare du petit. Parfait! Mon fils n’a pris que sa patinette, la guitare et les partitions sont de toute façon du pipi de chat comparé à ce qui m’attend de matos trempé à la piscine.
 Sur le chemin du retour nous récupérons ma petite dernière chez Justine, « sa préférée copine », chez qui elle a dormi la veille. Je propose dans un moment d’égarement le plus total de prendre Justine avec nous jusqu’à leur cours de danse vers 17 h. Je dépose le « tout » à la maison, la garde des deux gamines est monnayée 10 € par ma grande pendant que je cours ventre à terre et pieds nus, ou presque, récupérer mon fils à son cours de guitare. Il est 13 h et il faut bien que j’avoue l’oubli du déjeuner, l’absence de réponses aux mails qui s’accumulent dans « ma boîte », ainsi qu’un manque total d’idées pour remplir les quelques heures qui nous séparent du goûter.
  A 14 h je fais le bilan de cette demi-journée : j’ai quand même rempli le congélo, j’ai finalement répondu aux mails en commandant une pizza chez Hat et j’ai commencé une partie de Monopoly avec la mômerie qui se dénombre à cinq depuis que mon fils a fait monter le petit du gardien de l’immeuble, pour ce qu’ils appellent « jouer » dans la chambre et qui s’apparente à mon avis à une réplique de la destruction massive de Beyrouth Ouest.
  Je regarde ma montre, il n’est que 16 h 30 !
  J’enfile un vague jogging et des Converse pour accompagner les deux gamines à la danse pendant que, re-10€ coûtant, ma grande fille garde généreusement les deux monstres qui ont à présent détruit la moitié du salon. En rentrant je m’arrête chez le boucher, temps de passer au distri banque ( prévoir 10€ obligatoire pour ma grande afin qu’elle récupère sa petite sœur au centre d’activité ) j’arrive à temps pour accueillir le premier fils de mon mari, un adolescent boutonneux et agressif, que sa mère me colle de 18 h à 19 h 30 sous prétexte de reprendre contact avec sa fratrie, ( ça va faire un peu court pour retisser un lien distendu depuis une dizaine d’années mais juste assez long pour qu’elle assiste à son cours de Pilate donné chez elle par son nouveau mec ). Après avoir soudoyé encore une fois la grande et menacé les petits de jeter tous leurs jouets par la fenêtre, j’obtiens un semblant de calme qui, chacun le sait, précède la tempête.
  Les pieds marinant dans une bassine d’eau salée au milieu d’un appart dévasté je décroche le téléphone pour entendre mon mari m’annoncer que ses clients américains se garent en bas de l’immeuble, ils seront là avec lui dans cinq à dix minutes, je peux donc sortir le champagne du frigo !
 Les Américains ! Je les avais complètement zappés du programme ! J’ai sué sang et eau toute la journée, j’ai l’âme d’une réfugiée kosovar lorsqu’une superbe idée me vient à l’esprit : Les enfants se joignent à moi pour jouer à « jeter tout le bazar sur le petit canapé » où s’entassent rapidement barbies, pistolets à eau, bassine, jeu de carte, robots mitrailleurs, assiettes en papier, restes de pizza, corde à sauter et linge à repasser. Nous poussons délicatement dans la cuisine le canapé qui fait à présent 1 m 80 de haut, et j’ai à peine refermé la porte que ma fille accueille les clients.
  C’est d’une voix tonitruante que j’invite les enfants à filer dans leur chambre, les Amerloques à rentrer dans le salon, le mari à déboucher la bouteille de champ chaud. Sous prétexte de retoucher un peu mon maquillage je m’enferme dans les toilettes où armée de mes deux téléphones filaire et mobile, je réserve une table au japonais d’en face en cherchant désespérément une jeune fille pour garder les mômes et finis par joindre ma collègue Sophie pour lui annoncer que je renonce en sa faveur aux mercredis de « repos ».

  « Mais non je t’en prie, ne me remercie pas, tes enfants sont plus jeunes que les miens et puis, tu verras c’est sympa les mercredis off, ça fait une bonne coupure… »

 DAVIA YADDADEN d.krif@laposte.net

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