Le blog de Mops

"J'ai un rêve, celui d'un monde où chacun vivrait de sa passion"

samedi 3 décembre 2011

Elise Fouin où le design en mouvement

Auteur : Ari


Éclairée et passionnée, Elise, enfant, ignorait que le métier de Designer existait et pourtant !!!!

Les cours de peinture qu’elle suivit l’ont orientée vers les arts pour le restant de son parcours.

Acceptée à l’École Boulle, elle découvre avant tout l’apprentissage d’un véritable savoir-faire. Son diplôme d’Orfèvrerie et Ciselure sur les métaux précieux et semi-précieux en poche ne lui suffit pas, la recherche créative lui manque… Elle poursuit alors son cursus et obtient un DSAA en design de mobilier

Sans attendre, Elise travaille ensuite pour Andrée Putman puis avec de nombreux architectes d’intérieurs à qui elle apporte sa touche sensible sur les objets et les couleurs dans l’espace.



Quand les Galeries Lafayette lui demandent de réaliser l’Espace Bijouterie/joaillerie à Dubaï, elle se lance à son compte !


Ce magnifique projet de scénographie d’une année, lui sert de tremplin et très vite elle repart vers ce qui l’interpelle : les matières, leurs dérivés avant même de penser à l’objet.
Élise est très attachée depuis ses débuts à la notion de recyclage : «les matières à déchets» peuvent constituer sa «matière première».

Sa curiosité l’amène un jour à visiter l’usine de récupération de papier Paprec, c’est ici que tout prend corps.
Elle y récupère des échantillons, et en expérimente avec beaucoup de finesse, les possibilités. Ses recherches tout comme les caractéristiques techniques du papier, la conduisent à créer autour des différents aspects de ce matériau et aboutissent à la confection de luminaires.
Les suspensions en polystyrène recyclé « Lucinda » renvoient au mouvement des bobines qui se déroulent ou à des danseuses qui tournoient.
Se succède par la suite toute une collection autour de ce thème entre luminaires et mobilier…
Rien n’est rajouté, seule la matière est transformée, tout simplement beau !

En 2009, Elise Fouin a travaillé sur la récupération des pins maritimes en immortalisant les dégâts de la forêt Landaise après la tempête Klaus de cette même année. Une entreprise locale de bois tourné lui fait confiance en lui laissant le bois déclassé pour créer ses «Lampes Tempête» qui reçoivent la mention spéciale du jury des TADI 2009.
La composition des bâtons crée une arborescence évoquant la reconstruction d’un arbre. Les assemblages des différents bâtons se font grâce à des «manchons» et peuvent rappeler une bande qui vient panser une blessure.
Elise remporte le prix 2009 Face of Design (Berlin) pour l’ensemble de son travail.

En 2010, «Talent à la Carte» à Maison&Objet révèle son Projet de lampe en papier «Gigotte», et la même année, «Bois de Tempête» est présenté à la Biennale de Design de Saint-Étienne ou les « Lampes Tempête » illustrent la partie de l’exposition consacrée à la mémoire. Superbe !


Les premières paroles d’Élise traduisent sa volonté : «être indépendante dans ce milieu et faire reconnaître ses idées, demande des heures et des heures de travail et il reste peu de temps pour sa vie privée ! Tout est une question de convictions, persévérance, et courage pour que la balance trouve son équilibre!»

Quelles richesses avez-vous pu retirer de vos premières expériences ?
L’humilité et un peu de confiance en moi pour être indépendante.

La relation au projet créatif : d’où vous vient cette inspiration de la matière ?
Ce métier induit naturellement la curiosité, l’observation et l’expérimentation. Ne pas avoir d’a priori sur les matières dites nobles ou pauvres, ne pas sectoriser, tout peut avoir un potentiel selon la manière dont il est travaillé .

En vraie observatrice, les voyages me nourrissent tout autant que mon quotidien, les matières que je photographie ou que je récupère attendent parfois longuement dans un tiroir avant de prendre part à un projet… Quand il s’agit d’une commande spécifique, j’adapte ma démarche, je me sers de ma sensibilité pour nourrir la demande et trouver une réponse qui correspond à la fois à l’identité de la marque et à mes convictions de designers. Après tout, le défi est de tenir les rennes du projet jusqu’à la fin pour ne pas qu’il s’amoindrisse…

Votre lieu de travail ?
Une pièce Atelier avec vue sur les toits de Paris, un bureau avec « Mon Mac » et un plan de travail pour les maquettes, les découpes, le travail plus manuel… Quelques agrandissements photos que j’ai développés et une grande bibliothèque avec des livres, des matériaux, des objets trouvés…

La place des femmes dans le design, qu’en pensez-vous ?
Workinprogress!

Les artistes que vous aimez ?
Tokujin Yoshioka

Les lieux que vous aimez fréquenter à Paris, ou dans votre ville de prédilection ?
Le long du canal Saint-Martin, les 2 cinémas MK2, le restaurant Le Chateaubriand pour le ravissement des yeux et de la bouche ! Chez Aki, rue Saint-Anne pour se sentir transportée au Japon le temps d’un déjeuner, et depuis peu Aki Boulangerie juste en face pour les desserts ! À Bordeaux, je fais toujours un détour par le CAPC.

Vos inconditionnels dans la décoration ?
J’admire le design Japonais, Nendo, Tokujin Yoshioka et le Japon me fascine.

Si vous étiez un lieu ?
Un atelier énorme pour y laisser tout ce que je veux !

Si vous étiez une couleur ?
Le rouge.

Si vous étiez un meuble ?
Un luminaire.

Un objet fétiche ?
Les objets en verre un peu bizarre et les bols en poterie.

Votre maison idéale ?
Un grand espace lumineux en hauteur avec mon lieu de vie et un grand atelier, avec d’un côté, un jardin, et de l’autre, la ville…

Vos projets actuels ?
En ce moment je travaille pour les Galeries Lafayette à Casablanca, les Champagnes Ruinart, et la création d’un papier peint «Winepaper», l’édition d’un tapis avec Chevalier Edition, une recherche sur du revêtement de sol pour Tarkett, des luminaires pour Forestier Edition et un coffret boîte à secret pour la Granville Gallery fin 2011.

Les inspirations qui vous animent en ce moment ?
La perspective des vacances sujette à la rêverie et à la contemplation, toujours source d’inspiration !

Qu’évoque pour vous le mot «Cocotte» ?
Le surnom que me donne ma grand-mère !

Pourriez-vous nous recommander à d’autres femmes dans ce milieu où créations, talent et audace sont réunis ?
J’ai parlé de vous à Victoria Willmotte, quelle chance pour les Cocottes !!!

Élise Fouin a partagé notre «Cocotteversation, au-delà du Blog» à l’Espace 13 dans le cadre des Designer’s Days 2011 en exposant sa fôret de luminaires «Lampes Tempête» !

Ces belles créations ont besoin d’être vues pour être aussi comprises sur le plan éthique, cela fait partie du message de la Designer…

D’ailleurs, toutes les réalisations d’Élise pourraient être éditées, la singularité de ses créations est un véritable appel en ce sens !!!

Merci Élise pour toutes ces découvertes, et richesses, le temps d’une rencontre…

À découvrir absolument !

www.elisefouin.com

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